Après les émeutes, une Grèce toujours en colère

   

La principale confédération syndicale grecque a annoncé, pour le 2 avril prochain, l’organisation d’une grève générale de 24 heures.

Il s’agira une nouvelle fois de faire pression sur un gouvernement hellénique totalement inerte face à une crise qui a encore aggravé les inégalités et le niveau de vie des Grecs.

Dans un communiqué faisant part de cet appel à la grève générale, la Confédération générale des travailleurs grecs (CGSE) estime en effet que les travailleurs ne doivent « pas payer le prix de la crise financière ». Et elle réclame « la sécurité de l’emploi, la défense des assurances sociales et des droits syndicaux, la défense des revenus des travailleurs, des retraités et des chômeurs ».

Depuis les grandes émeutes de décembre dernier, dans lesquels on a pu dénoter un profond désespoir, il faut hélas constater que rien, ou presque, n’a changé favorablement. Le gouvernement de droite n’a en effet pas apporté de réponses sérieuses face au malaise des Grecs et est resté campé sur ses orientations libérales.

Une politique où prime « l’intérêt d’une certaine classe politique et économique au-dessus de l’intérêt général », comme le dénonce Georges Contogeorgis, ancien ministre grec et professeur à l’université Panteion d’Athènes. Une politique qui ne peut créer qu’indignations et révoltes lorsque sont mises au grand jour des pratiques de corruptions, impliquant le détournement d’argent public, alors même, qu’à coup de « réformes » de la protection sociale et de l’enseignement et de privatisations, l’Etat prône l’austérité et entend se soustraire à son rôle social. Laissant ainsi sans coup férir s’aggraver les inégalités, la pauvreté et le chômage. Laissant sans protection une économie que la crise financière n’a pas eu du mal à dégrader.

Une situation qui, depuis décembre, ne s’arrange – fort logiquement – pas, comme le démontre la CGSE qui a ainsi évalué à plus 4000 les licenciements dû à la crise pour le mois de février, s’ajoutant aux 8000 enregistrés depuis novembre.

D’ores et déjà, la Fédération des fonctionnaires a organisé ce mercredi une grève de 24 heures « contre l’austérité et l’autoritarisme » du gouvernement, réclamant à l’instar de la CGSE des mesures contre le chômage et pour l’augmentation des salaires. Un mouvement qui a touché massivement les transports aériens, l’enseignement primaire et secondaire, les bureaux du fisc, les administrations, ainsi que les hôpitaux publics où un personnel d’astreinte a été mis en place.

Toutes les conditions sont en tout cas présentes pour que la grève générale du 2 avril soit très suivie. Le gouvernement hellénique restera-t-elle encore longtemps sourd à la souffrance de son peuple ?

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