Comment l’affaire Clearstream relance Villepin

Le procès Clearstream touche à sa fin et avant même le verdict, on entrevoit les résultats politiques de cette affaire. Ou comment, en trois points, Sarkozy se fait dépasser et Villepin se remet en selle.
L’acharnement présidentiel
« L’accrocher à un croc de boucher« , c’est ce que Nicolas Sarkozy avait promis de faire à Villepin dans cette affaire. Et les écarts de langage ont continués, parlant déjà de « coupables » avant même la décision de justice. Partie civile et Président de la République, la situation cocasse offre un angle de tir à Villepin, qu’il n’a pas manqué d’exploiter.
C’est donc ce qui le caractérise le plus Nicolas Sarkozy, l’implication personnelle acharnée, qui aura finalement aidé son adversaire à le contrer. Cette belle passe d’arme permet à Villepin de se retrouver en situation avantageuse quoiqu’il arrive.
Villepin le principal opposant
Dès les premiers jours du procès, l’ancien Premier Ministre a su diriger ses attaques contre le Président de la République… Je suis ici par la volonté d’un homme dira-t-il. Il a réussi à se mettre en position de choc frontal avec son pire ennemi politique. Il renforce et affirme ainsi sa position de meilleur opposant à Nicolas Sarkozy. 2012 n’est pas si loin…
Si Villepin gagne le procès, il pourra se poser en résistant et vainqueur de Sarkozy. S’il perd, il sera toujours considéré comme un résistant mais en plus comme condamné à tord par la volonté d’un homme.
Sarkozy et Villepin s’opposent dans les grandes affaires, au moment du CPE le premier avait laché le second et finalement Villepin se retrouvait écarté de la course à la présidentielle de 2007. Aujourd’hui, la mauvaise utilisation par le Président de cette arme à double tranchant qu’est Clearstream lui aura au contraire permis d’entamer son retour dans la lutte politique.
Le retour dans l’arène politique
Juste avant l’ouverture du procès, c’est l’ouverture du Club Villepin qui eut lieu, ainsi que du réseau social associé villepincom.net. Comment ne pas y voir le début d’une tentative de reconquête de l’espace politique ? Ces espaces virtuels permettent aux villepinistes de s’organiser efficacement, de construire de véhiculer leurs réflexions. Et Villepin quant à lui peut s’adresser directement à ses soutiens mais également à tous les internautes par le biais de vidéos qui sont ensuite reprises sur les blogs et les sites d’informations. Il peut ainsi contrôler lui-même le message général qu’il veut faire passer. Utile et efficace.
Comme pour lancer définitivement cette marche en avant de Villepin, il réunira son club mardi prochain à la Maison de l’Amérique Latine boulevard Saint-Germain à Paris, aux dernières nouvelles 600 membres sont attendus.
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Sur le site internet du Figaro, mercredi 28 octobre, Charles Pasqua jette quelques bombes. En tout, Charles Pasqua balance huit hommes politiques :
- Pour la période 1993-1995 : François Mitterrand, Edouard Balladur (Balladur est littéralement flingué par Pasqua dans cet interview), Edmond Alphandéry, François Léotard.
- Pour la période 1995-1998 : Jacques Chirac, Alain Juppé, Jean Arthuis, Charles Millon.
Dans cet interview extraordinaire, Charles Pasqua ne prend plus de gants, il flingue, il balance, il dénonce, il donne les noms, il ne correctionne plus, il dynamite, il disperse, il ventile.
LE FIGARO. – Vous n’étiez pas mardi à l’audience pour la lecture du verdict sur l’Angolagate. Aviez-vous peur d’un mandat de dépôt à l’audience ?
Charles PASQUA. – Pas du tout. Je n’ai pas eu peur de la prison. Je vous rappelle que je suis parlementaire et que l’immunité ça existe. Personne ne savait d’ailleurs ce que le tribunal allait dire. Mes avocats, qui m’avaient conseillé de m’y rendre, étaient plutôt optimistes : ils pensaient même à une relaxe ! Lorsqu’on est venu m’annoncer la décision, dans l’après-midi, je me suis dit qu’il s’agissait d’un jugement aberrant.
LE FIGARO. – Le porte-parole du gouvernement laisse entendre que votre demande de levée du secret-défense pourrait être examinée. Qu’en attendez-vous ?
Charles PASQUA. – Je vois que cela progresse… Tant mieux ! Dans l’affaire de l’Angolagate, de nombreux documents ont été classifiés secret-défense, et le tribunal n’a pas pu y avoir accès. Or, avec ces documents, on aura la preuve que tout le monde était au courant des ventes d’armes à l’Angola.
LE FIGARO. – Tout le monde ? Qui visez-vous ?
Charles PASQUA. – Le président de la République, le premier ministre, le ministre des Finances et le ministre de la Défense. Tous les quatre étaient forcément au courant.
LE FIGARO. – De quelle période parlez-vous ?
Charles PASQUA. – Sous le mandat de François Mitterrand de 1993 à 1995, puis sous la présidence Chirac de 1995 à 1998. Plus, les deux premiers ministres concernés que sont Édouard Balladur et Alain Juppé.
LE FIGARO. – Édouard Balladur a pourtant affirmé hier « ne pas avoir eu d’information » au sujet de ce trafic d’armes…
Charles PASQUA. – Balladur peut dire ce qu’il veut. Malheureusement pour lui, un document a été présenté au tribunal montrant que son directeur de cabinet lui avait fait remonter une note. M. Balladur n’a plus de mémoire, cela peut arriver.
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/29/01002-20091029ARTFIG00007-charles-pasqua-que-chirac-prenne-ses-responsabilites-.php