Comprendre les raisons de la grève des enseignants-chercheurs dans les universités

   

Qu’est-ce qu’un enseignant-chercheur ?

Un enseignant-chercheur partage son temps entre l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Ce sont des fonctionnaires qui travaillent au sein d’un établissement d’enseignement supérieur, est placé sous l’autorité du ministre de l’enseignement supérieur, actuellement Valérie Pécresse. Ils ont donc pour mission la transmission des connaissances à leurs élèves et leur formation, et de développer la recherche et la valorisation de leurs résultats. C’est ainsi qu’ils sont amenés à travailler avec des entreprises que ce soit dans le cadre d’enseignements ou de recherches.

La réforme « Pécresse ».

Tout vient de la loi sur l’autonomie des universités qui leur confie la gestion de carrière des personnels. L’université évaluera elle-même les maîtres de conférences et les professeurs tous les quatre ans (auparavant ils ne l’étaient qu’à l’occasion de la demande d’un changement de grade).

Ce sont les présidents d’université, après avis de leur conseil d’administration, qui fixeront les tâches des enseignants et décideront des promotions. C’est donc une sorte de féodalisation, puisque l’autonomie des universités implique un retrait de l’État et de l’organisation au niveau national, pour au contraire donner plus de pouvoirs aux présidents d’université.

Ainsi donc, l’enseignant-chercheur verra ses activités modulées en fonction du résultat de ces évaluations, point important qui cristallise les tensions, alimentant deux risques principaux.

Celui d’une recherche éperdue du résultat : Pour être jugé comme étant performant le chercheur devra obtenir des résultats. Ce qui logiquement aura tendance à le pousser à l’obtention de résultats concrets rapidement. Dans ces conditions on peut facilement penser que la quête du résultat probant convient mal au secteur de la recherche. C’est en effet une activité qui se traite plutôt sur le long terme et qui nécessite une certaine curiosité et l’exploration de voies inconnues, ce qui s’adapte difficilement à une logique d’évaluation, qui demande l’obtention d’un maximum de résultats concrets.

Considérer l’enseignement comme une sanction : Un enseignant dont la performance des recherches est jugée insuffisante se verra redirigé vers davantage d’heures de cours. À l’inverse un chercheur bien évalué pourra être dispensé d’heures d’enseignement. L’enseignement est donc déconsidéré pour les professeurs mais aussi pour les élèves, puisqu’on ne devrait leur présenter que ceux qui ne font pas d’assez bonnes recherches.

La contestation syndicale.

Le SNESUP-FSU, syndicat majoritaire des enseignants-chercheurs, réclame le retrait du projet, tout comme le SGEN-CFDT et la Conférence des présidents d’universités (CPU). Ils considèrent qu’un président d’université n’a pas la compétence nécessaire pour juger de la qualité de la recherche dans l’ensemble des domaines spécifiés.

La culture du résultat et l’idée de l’enseignement sanction sont les deux principaux points de contestation des syndicats, ce qui provoque la grève actuelle.

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