Les régions méritent l’abstention
Ce record d’abstention n’est pas une surprise. Ce n’est pas spécialement la faute des politiques non plus, qui nous ont déjà gratifiés de piteuses campagnes par le passé. Non, la raison est que personne ne s’intéresse à cet échelon administratif, souvent qualifié de superflu.
Créée en 1986 par la décentralisation, terme devenu quasi-péjoratif, la région « a le cul entre deux chaises ». Trop grande pour un établir une relation directe avec le citoyen (le département est beaucoup plus pertinent), trop petite pour avoir un réel pouvoir, entreprendre une politique efficace, ou faire jeu égal avec les länders allemands dans la mondialisation et l’européanisation. Pour cela il faudrait agrandir les régions françaises à un niveau équivalent au découpage électoral européen (ce qui donnerait 8 régions).
A la question « à quoi servent vraiment les régions ? », à part à donner des postes d’élu en plus, on nous répond : transports, lycées… Bien. Avait-on besoin d’alourdir le système administratif pour cela ? Et le citoyen recherche le bon sens là-dedans… et le cherche encore.
Le record d’abstention aux élections régionales (53,6%) éclate en 2010. Pourquoi ? C’est la première fois qu’elles n’ont pas lieu en même temps que des cantonales, qui mobilisent plus de monde. Ces élections ne tiennent pas seules, les français s’en fichent ou n’en veulent pas, et les seuls qui vont voter le font dans le but de soutenir leur parti favori, au plan national.
Dommage pour la démocratie ? Ce qui est triste c’est plutôt de voir les votes des citoyens, la voix du peuple, l’essence de cette démocratie, dispersée dans ces personnes morales trop nombreuses, ces élus aux compétences qui se chevauchent, éloignant ainsi encore un peu plus l’électeur du pouvoir effectif.
Il faudra soit changer profondément les régions, soit les supprimer.




