Réunion des syndicats le 30 mars : ont-ils les épaules assez solides ?

Réunion le 30 mars pour décider de la suite du mouvement. Le gouvernement ne veut pas négocier, les syndicats montrent leur inefficacité et les gens s’agacent… Jusqu’où ?
Après la grève du 19, les syndicats se sont retrouvés dès le lendemain. Un peu trop tôt semble-t-il, puisqu’ils ont conclu de « laisser 10 jours au gouvernement« parce que « Nous montrons que nous sommes des organisations responsables, qui prenons le temps de la réflexion » Selon François Chérèque de la CFDT. Tout ceci cache mal le manque d’idées et d’accords entre les syndicats.
Premier problème : l’unité syndicale
Le 29 janvier et le 19 mars ont réussi grâce à l’unité syndicale. C’était nécessaire pour obtenir une mobilisation conséquente. Et ça a marché 2 fois, très bien. Et ensuite ? Tous les syndicats sont bien sûr d’accord pour faire du 1er mai une grande mobilisation. Le désaccord étant sur ce qu’il faut faire avant.
Bernard Thibault préfère qu’on ne se retrouve que le 1er mai, pour être certain de le réussir. D’autres comme SUD ou la FSU sont pour des rassemblements avant cette date. Ils se sont donc laissés le temps de réfléchir jusqu’au 30 mars pour donner une réponse. Sous couvert de laisser un temps de réponse au gouvernement, qui se fiche pas mal de ces grands défilés.
Des actions locales
S’ils ne s’accordent pas vraiment sur les mobilisations nationales, ils soutiennent tous les actions locales qui sont menées par les salariés victimes des grandes vagues licenciements. Comme chez Continental, Gandrange, et tant d’autres.
Dans ce cas ils sont certains de mobiliser les gens touchés directement qui n’ont plus d’autre moyen de défense.
Parce que la question qu’ils se posent c’est : est-ce que les gens vont encore venir à nos manifs ? Les promenades des jeudi 29 janvier et 19 mars ont rapporté si peu. Les salariés perdent des journées de travail pour réclamer de l’aide qu’ils n’obtiennent pas.
Les syndicats vont-ils être dépassés ?
Ces grands défilés au parcours défini par la préfecture et balisé par la police ne gênent finalement que les automobilistes.
Ce genre d’évènement n’inquiète donc pas le moins du monde le gouvernement qui peut se contenter d’une politique attentiste sans risquer grand chose. Fillon se permet même de dire d’avance que la grève ne va rien donner.
Il se pourrait donc que les gens se détournent des syndicats qui commencent à montrer leur impuissance. Pour aller où ? On peut penser à un éclatement : certains agiraient directement là où il y a problème : usine etc, donc renforcement des mobilisations locales. Les grandes mobilisations continueront, mais l’ambiance changera. Certains dénonceront un pourrissement, mais parler de radicalisation serait plus juste.
L’exaspération de ceux qui subissent la crise qu’ils n’ont pas provoquée ne va que s’accentuer avec le manque de résultat. Les syndicats peinant à en obtenir ne tiendront plus leurs troupes qui trouveront d’autres moyens pour obtenir ce que les gens veulent.
Déjà dans la manifestations certains les accusaient de faire le jeu du gouvernement. Avec leur inefficacité ce sentiment ne fera que s’accentuer.


